Business Mauritius attire l’attention sur la réforme de la pension

Business Mauritius attire l’attention sur la réforme de la pension

Kevin Ramkaloan, CEO de Business Mauritius.

Quels sont les enjeux du nouveau système de pension ? Qui y contribuera… ou pas ? Est-il juste et équitable pour tous les Mauriciens ? La Contribution Sociale Généralisée (CSG), qui vient remplacer le National Pension Fund (NPF), suscite de nombreuses interrogations depuis son introduction le 1er septembre 2020. C’est dans l’optique de sensibiliser la population mauricienne dans son ensemble à ce nouveau système que Business Mauritius a décidé de lancer une campagne d’information, le 25 octobre. Intitulée « Tansion nou pansion », celle-ci se décline en la distribution d’affiches informatives ainsi qu’une série de vidéos explicatives.

« Il est regrettable que les consultations autour de la réforme du système de pension aient été faites de manière unilatérale, sans consultation avec toutes les parties prenantes. C’est pour cette raison que nous avons décidé de mener une campagne d’information », explique Kevin Ramkaloan, CEO de Business Mauritius.

Notre système de pension a toujours été un atout majeur de notre État-providence depuis l’indépendance. Mais depuis plusieurs années maintenant, divers facteurs sont venus menacer sa viabilité, notamment le vieillissement de la population et les augmentations successives de la pension universelle, qui est passée de Rs 675 en 1995 à Rs 9 000 en 2019 ! Les autorités ont donc dû réformer le système et sont venues avec la CSG. « Sauf que dans sa forme actuelle, celle-ci n’est pas viable et se présente davantage comme une injustice pour le secteur privé », ajoute-t-il.

Selon Business Mauritius, les grands perdants de ce nouveau système sont incontestablement les employeurs et employés du secteur privé. « Et les décaissements de la CSG, à partir de juillet 2023, augmenteront les inégalités entre les pensionnés du privé et les fonctionnaires. Ceux ayant travaillé dans le privé ne percevront que la pension universelle et la CSG après 65 ans », souligne Business Mauritius.

L’impact du vieillissement de la population

Le phénomène de vieillissement de la population impactera aussi sur les contribuables. Par exemple, le nombre de retraités étant en hausse et celui de la population active en baisse, le risque que le taux de contribution à la pension prenne l’ascenseur est inévitable. Selon Statistics Mauritius, en 2014, l’on comptait 4,6 personnes actives contribuant pour la pension d’un retraité. Selon les prévisions, ce taux passera à 2,4 personnes en 2034, et à 1,6 en 2054. « Les employés et employeurs du secteur privé devront, ainsi, contribuer beaucoup plus pour nos futurs retraités », affirment les experts de Business Mauritius. Ajouter à cela, les augmentations successives de la pension universelle ont mis les finances de l’État sous pression.

Il faut également noter que la CSG est une taxe qui vise uniquement à payer la pension. L’argent n’est pas investi et ce système ne génère donc pas des revenus additionnels. Cette réforme intervient à un moment où l’économie mauricienne est lourdement impactée par la crise sanitaire, dont les effets devraient perdurer encore plusieurs mois. Notre monnaie a d’ores et déjà été dépréciée alors que l’activité économique a considérablement ralenti. Dans ce contexte, cette charge additionnelle est un poids supplémentaire pour de nombreuses entreprises locales et étrangères qui font déjà face à d’énormes difficultés liées à la Covid-19, selon Business Mauritius.

Poids de la pension porté par les générations futures

Si le système est maintenu dans sa forme actuelle, lorsque les contribuables d’aujourd’hui partiront à la retraite, le poids que représentera leur pension sera encore lourd et celui-ci devra être porté par les générations futures. Les entrepreneurs locaux auront plus de difficultés à recruter, voire à retenir de jeunes talents. La CSG pourrait être un frein au développement économique, réduire notre compétitivité et être une source de frustration pour les salariés du privé car il sera de plus en plus difficile de leur offrir des salaires compétitifs.

La Rédaction Maurice Actu

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