Une nouvelle initiative visant à offrir aux enfants un moyen sûr et confidentiel de demander de l’aide a été lancée, le lundi 1er décembre 2025, au Sir Harilall Vaghjee Memorial Hall à Port-Louis par le ministre de l’Éducation et des Ressources humaines, le Dr Mahend Gungapersad, et la Speaker de l’Assemblée nationale, Mme Shirin Aumeeruddy-Cziffra, en présence des ministres délégués ainsi que des membres du Parlement et du Caucus parlementaire sur l’égalité des genres.
Le projet, intitulé La Colombe, consiste à installer des boîtes aux lettres spécialement conçues à cet effet dans les écoles de tout le pays, où les enfants en difficulté ou en détresse peuvent exprimer leur expérience par écrit. Ces lettres seront lues en toute confidentialité par des adultes responsables qui possèdent les valeurs éthiques nécessaires pour apporter un soutien approprié aux enfants. L’objectif général est de protéger les enfants et de promouvoir une culture de paix, d’empathie et de protection au sein de la société mauricienne.
L’initiative La Colombe s’inscrit dans le cadre des activités marquant la campagne nationale « 16 jours d’activisme contre la violence sexiste », qui a débuté le 26 novembre 2025. Organisée par l’Assemblée nationale et le Bureau du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à Maurice et aux Seychelles, cette campagne vise à sensibiliser le public à la prévention de toutes les formes de violence à Maurice, en accordant une attention particulière à la violence sexiste.
Dans son discours, le ministre de l’Éducation a souligné le symbolisme de la colombe en tant qu’emblème de paix et d’amour, insistant sur l’urgence de briser le cycle de la violence et de protéger les plus vulnérables. Il a salué l’initiative de la boîte aux lettres comme un moyen pour les enfants de mettre leurs souffrances dans une boîte » et de recevoir l’aide d’adultes dignes de confiance.
De plus, le Dr Mahend Gungapersad a souligné les discours néfastes présents dans certaines familles, qui, selon lui, donnent lieu à des brimades et à du harcèlement qui trouvent leur origine à la maison et se propagent dans toute la société. Il a déploré qu’au lieu d’enseigner aux enfants l’amour, l’empathie et la compréhension, ces comportements conduisent les gens à être humiliés en raison de leur apparence physique ou de leur milieu socio-économique. Il a appelé à mettre à nouveau l’accent sur la compassion et les valeurs positives.
Soulignant que l’éducation ne concerne pas les diplômes mais devrait être axée sur l’humanisme, le ministre a ajouté qu’un nouveau plan d’éducation serait lancé au début de l’année prochaine. Il mettra l’accent non seulement sur les résultats scolaires, mais aussi sur le bien-être des enfants, leur développement émotionnel et l’enseignement des valeurs fondamentales. Selon lui, une telle approche pourrait contribuer à réduire la criminalité et à améliorer la santé publique.
Pour sa part, la Speaker de l’Assemblée nationale s’est concentrée sur la question de la violence intergénérationnelle. Elle a rappelé que des études ont montré que 20% des garçons reproduisent le comportement violent dont ils sont témoins lorsque leur père bat leur mère, tandis qu’une proportion similaire de filles en viennent à accepter la violence comme normale. « Les mains ne sont pas faites pour frapper, et l’amour n’a rien à voir avec la violence », a-t-elle déclaré.
Mme Shirin Aumeeruddy-Cziffra a également souligné l’importance de la boîte aux lettres La Colombe, qui offre aux victimes un moyen discret d’exprimer leur souffrance. Elle a établi un parallèle avec l’initiative française Papillon, où des boîtes aux lettres similaires ont permis de détecter des cas d’abus sexuels et d’autres formes de violence à l’encontre d’enfants, aboutissant à la poursuite des auteurs.





