Réfugiés climatiques : un habitant sur trois des Tuvalu candidat à un visa pour l’Australie

Réfugiés climatiques : un habitant sur trois des Tuvalu candidat à un visa pour l’Australie

Pour fuir la montée du niveau de la mer, plus de 3 000 Tuvaluans se sont enregistrés à une loterie pour tenter de remporter l’un des 280 visas qui leur permettrait de s’installer en Australie. Le pays a prévu d’accorder 280 visas par an aux habitants de l’archipel, dans le cadre de l’accord bilatéral “Union Falepili” signé entre les deux pays l’année dernière.

Un porte-parole du ministère Australien des Affaires étrangères et du Commerce a qualifié le traité de “premier accord de ce type dans le monde”, qui permet aux Tuvaluans une “mobilité dans la dignité alors que les bouleversements climatiques s’aggravent”.

“L’Australie reconnaît l’impact dévastateur du changement climatique sur les moyens de subsistance, la sécurité et le bien-être des pays et des populations vulnérables au climat, en particulier dans la région du Pacifique”, a-t-il expliqué à l’AFP.

Dans le cadre de ce traité, l’Australie a ouvert une nouvelle catégorie de visa spécialement réservée aux citoyens adultes des Tuvalu.

Les données officielles relatives au programme montrent que 3 125 Tuvaluans se sont inscrits au tirage au sort au cours des quatre jours qui ont suivi son ouverture, la semaine dernière.

L’archipel compte 10 643 habitants, selon les chiffres du recensement de 2022. L’inscription coûte 25 dollars australiens (un peu moins de 14 euros) et le tirage se termine le 18 juillet. Les scientifiques craignent que l’archipel des Tuvalu, l’un des territoires les plus menacés par le changement climatique, ne devienne inhabitable d’ici 80 ans.

Deux de ses neuf atolls coralliens ont déjà largement disparu sous les eaux.

L’avenir incertain de ceux qui resteront sur l’archipel

Pour le géographe de l’université de Sydney John Connell, les candidats à l’émigration espèrent trouver en Australie de meilleures opportunités en matière d’emploi, d’éducation et de santé.

Mais l’exode à long terme des travailleurs qualifiés pourrait, selon lui, menacer l’avenir des Tuvalu.

“Les atolls n’offrent pas beaucoup d’avenir: l’agriculture est difficile, la pêche offre un potentiel formidable mais ne génère pas d’emploi”, explique-t-il.

L’Union Falepili engage l’Australie à défendre Tuvalu face aux catastrophes naturelles, aux pandémies sanitaires ou à une éventuelle “agression militaire”. “Pour la première fois, un pays s’est engagé légalement à venir en aide aux Tuvalu, sur demande”, avait remercié à l’époque le Premier ministre des Tuvalu, Feleti Teo.

L’accord offre en contrepartie à l’Australie un droit de regard sur tous les pactes de défense que les Tuvalu pourraient conclure avec d’autres pays, ce qui avait suscité des inquiétudes.

L’objectif de ce traité, pour Canberra, est également de freiner l’influence chinoise dans la région. Les Tuvalu font partie des 12 pays à travers le monde qui reconnaissent officiellement Taïwan.

Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a déclaré l’année dernière que son pays partageait la vision d’une “région pacifique, stable, prospère et unifiée”.

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