La South African Chamber of Commerce à Maurice, en collaboration avec son partenaire stratégique Stewards Investment Capital, a réuni des décideurs publics, des investisseurs et des dirigeants d’entreprises pour une discussion de haut niveau consacrée aux perspectives du corridor économique Maurice–Afrique du Sud.
L’événement, « Catalysing Growth: Deepening Mauritius–South Africa Economic Relations – Trade & Investment », s’est tenu à l’hôtel Le Suffren Hotel & Marina le jeudi 02 avril 2026.
La session s’est conclue par une allocution du Ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et du Commerce international de la République de Maurice, Ritesh Ramful, qui a souligné l’importance stratégique du corridor Maurice–Afrique du Sud dans un cadre de coopération bilatérale de plus en plus aligné, déclarant : « Maurice attache une grande importance à ses relations bilatérales solides avec l’Afrique du Sud. Au fil des années, nous avons collaboré étroitement sur des enjeux d’intérêt commun aux niveaux régional, continental et international. La force de l’Afrique du Sud est celle de Maurice. En alignant nos stratégies, nous pouvons libérer pleinement le potentiel de nos partenariats préférentiels et assurer un avenir économique plus prometteur pour notre région. Si les relations diplomatiques constituent le cadre de cette coopération, c’est le secteur privé qui en assure la dynamique économique. Le Gouvernement mauricien demeure engagé à jouer un rôle de facilitateur. Nous continuerons à affiner nos accords bilatéraux, à investir dans nos infrastructures et à faire de la facilitation des affaires une priorité pour tous les entrepreneurs de la région. »
Dans un contexte où le capital mondial se reconfigure sous l’effet de conditions de liquidité plus restrictives, de fragmentations géopolitiques et d’exigences accrues en matière de gouvernance et de crédibilité réglementaire, le corridor Maurice–Afrique du Sud s’impose comme un canal crédible et de plus en plus stratégique pour le déploiement de capitaux en Afrique. Les échanges ont porté sur la manière dont les deux juridictions peuvent mieux s’aligner, en combinant l’échelle, la profondeur institutionnelle et les marchés de capitaux de l’Afrique du Sud avec les capacités de structuration, la stabilité réglementaire et la connectivité internationale de Maurice.
Modérée par Bilal Adam, Président de la South African Chamber of Commerce à Maurice et CEO de Stewards Investment Capital, la session s’est articulée autour d’analyses macroéconomiques, régionales et bilatérales, avec un accent particulier sur l’allocation, la structuration et le déploiement du capital dans le corridor Maurice–Afrique du Sud.
Dans ses remarques introductives, Bilal Adam a déclaré : « Nous évoluons dans un environnement mondial où le capital est de plus en plus sélectif. Il recherche des juridictions capables d’offrir à la fois échelle et structuration. Dans ce contexte, le corridor Maurice–Afrique du Sud acquiert une importance stratégique croissante. La position géographique de Maurice, à la croisée de l’Afrique et de l’Asie, associée à sa stabilité réglementaire, soutient son rôle de plateforme d’investissement et base de continuité d’activité à coût maîtrisé pour les entreprises internationales en quête de résilience, de diversification et d’efficacité opérationnelle. »
Le panel — composé de Mahen Govinda, Officer in Charge à MITCO ; Mphile Sibandze, Executive Director chez RisCura Africa ; et Lara Vaudin, Chief Operating Officer d’Investec Bank Mauritius — a examiné le corridor sous l’angle de la structuration du capital, de l’investissement institutionnel, de la connectivité bancaire et de la confiance des investisseurs.
Au-delà des flux de capitaux, les discussions ont porté sur les priorités structurelles déterminant la compétitivité à long terme du corridor. La rétention et l’attraction des talents ont émergé comme un enjeu central, la Chambre sud-africaine de commerce soulignant la nécessité d’une approche davantage fondée sur les données pour mobiliser la diaspora mauricienne. Cela implique des actions ciblées dans les principales juridictions abritant des communautés mauriciennes, notamment au Canada, afin de mieux comprendre les conditions nécessaires au retour des compétences vers Maurice et de faciliter leur réintégration dans l’économie locale.
Les échanges ont également porté sur le potentiel de programmes d’échange structurés, soutenus au niveau des politiques publiques, permettant aux entreprises mauriciennes de nouer des partenariats avec des entreprises homologues à l’international à travers des dispositifs de mobilité réciproque du personnel. De telles initiatives favoriseraient le transfert de compétences, l’enrichissement des savoir-faire et le renforcement des liens économiques transfrontaliers.
Par ailleurs, les participants ont mis en avant les opportunités de positionner Maurice comme une base attractive pour les entreprises fintech, dans un contexte de recomposition de certains centres financiers. L’efficacité en capital, le cadre réglementaire et la connectivité internationale de Maurice ont été identifiés comme des atouts majeurs, ainsi que l’importance d’encourager ces entreprises à développer une présence locale significative et à contribuer activement à l’emploi et au développement des compétences.
Des considérations structurelles plus larges ont également été abordées, notamment la nécessité de renforcer la résilience énergétique et la sécurité alimentaire, en tant que fondements de la stabilité économique et de l’attractivité à long terme des investissements.
Un fil conducteur de la discussion a été l’évolution du rôle de Maurice, passant d’une plateforme administrative à un partenaire stratégique dans la structuration des investissements mondiaux. Comme l’a souligné Lara Vaudin : « Investec considère le corridor Maurice–Afrique du Sud comme l’un des plus sophistiqués du continent, reposant sur la complémentarité des deux juridictions. L’Afrique du Sud apporte des marchés de capitaux profonds, une expertise institutionnelle et un écosystème financier robuste, tandis que Maurice offre une structuration efficace et une connectivité mondiale. Ensemble, ils permettent un déploiement confiant du capital en Afrique. »
Du point de vue du capital institutionnel, Mphile Sibandze a ajouté : « Si l’Afrique du Sud représente le moteur du capital sur le continent, Maurice en est la boîte de vitesses, facilitant la structuration, la protection et le déploiement de ce capital. La prochaine étape pour l’Afrique consiste à mobiliser ses propres capitaux au service de ses propres opportunités. »
Abordant l’importance de la stabilité et de la crédibilité, Mahen Govinda a déclaré : « Dans un environnement marqué par l’incertitude géopolitique, les juridictions offrant prévisibilité et fluidité des mouvements de capitaux gagneront en pertinence. Le maintien du statut investment grade de Maurice est donc essentiel pour préserver la confiance des investisseurs et soutenir les flux de capitaux. »
Les discussions ont également exploré les opportunités d’un déploiement accru de capitaux dans l’économie mauricienne, notamment dans les services financiers, l’immobilier et les secteurs émergents, ainsi que le rôle des banques dans la facilitation du financement transfrontalier et de l’expansion des entreprises entre les deux juridictions.
Un thème récurrent a été la nécessité de consolider la position de Maurice en tant que centre financier international stable et bien régulé, tout en tirant parti de la profondeur des marchés sud-africains. Parallèlement, les participants ont souligné des priorités émergentes pour la région, notamment la sécurité énergétique et alimentaire, ainsi que la mobilisation des capitaux africains au service d’opportunités africaines.
La discussion s’est également projetée vers l’avenir, en examinant l’impact de l’instabilité géopolitique sur les centres financiers mondiaux et la capacité de juridictions telles que Maurice à capter les flux de capitaux réalloués. Dans ce contexte, le corridor Maurice–Afrique du Sud s’affirme comme une plateforme d’investissement, de résilience, de diversification et de croissance durable à l’échelle du continent.
Les leaders présents représentaient un large éventail de secteurs — banque, services financiers et de gestion, conseil juridique, immobilier et construction, aviation, commerce de détail et capital humain — illustrant la portée multisectorielle du corridor et l’interdépendance croissante entre les deux économies.
À mesure que le capital mondial se reconfigure, l’événement a mis en évidence un constat clair : Maurice et l’Afrique du Sud constituent des plateformes complémentaires, combinant stabilité, échelle et capacité de structuration pour renforcer les flux d’investissement vers l’Afrique.





