Confrontée de plein fouet à la pénurie de personnel dans l’aviation, la compagnie easyJet pense avoir trouvé la solution au problème en embauchant les volontaires les plus jeunes. Et même dès la sortie du lycée. Début septembre, le quotidien The Telegraph a annoncé que le géant du low-cost avait lancé une campagne de recrutement ciblant les jeunes de 18 ans, sans faire cas de leur manque d’expérience professionnelle. Alors que les précédentes campagnes s’adressaient aux reconversions ou aux plus de 50 ans, l’accent est cette fois-ci mis sur ceux qui n’ont jamais eu de travail à plein temps car “ils sont encore à l’école”.
Pour l’entreprise britannique, il s’agit avant tout de valoriser le métier de personnel navigant et montré qu’il est accessible à tous. Mais aussi grossir ses rangs par tous les moyens, jusqu’à créer la polémique ?
Les connaissances acquises prévalent sur l’expérience de terrain
Selon The Telegraph, britannique lui aussi, le secteur accueillerait l’initiative avec optimisme. Charlotte Crocker, ancienne hôtesse de l’air et formatrice de ces nouvelles générations, explique au journal que “beaucoup de collèges proposent déjà des formations tourisme et voyages aux plus de 16 ans et qu’il y aura sans doute de nombreux jeunes avec de bonnes bases dans ce domaine”.
De son côté, Clare Shepherd, employée chez SkyPeople Training qui forme aussi les professionnels, témoigne de sa propre expérience précoce : “J’ai commencé à voler à 18 ans. C’est un métier formidable pour quelqu’un de cet âge, mais cela demande beaucoup de travail en même temps. Nous organisons des journées découverte pour les étudiants et nous savons qu’il y a de l’engouement de la part de la génération Z pour ce milieu.”
Aucune qualification formelle n’est requise, mais la formation reste exigeante. “Pour les compagnies court-courrier, la formation dure généralement trois à quatre semaines. Elle couvre tout, des protocoles d’urgence au service client”, détaille Clare Shepherd. Une fois formés, les jeunes membres d’équipage prennent l’air sous la supervision de collègues plus expérimentés. “Les compagnies se concentrent sur ce que vous avez appris de votre travail, plutôt que sur la durée pendant laquelle vous l’avez exercé”, fait savoir la formatrice, pour rassurer les candidats, mais pas forcément les passagers.
Les utilisateurs de TikTok conquis par la campagne
Incendie en plein vol, pilote en incapacité ou amerrissage d’urgence, passagers difficiles ou malades… La formation prépare également aux situations critiques. Les candidats s’exercent lors de mises en situation réalistes, allant jusqu’à l’utilisation des toboggans d’évacuation gonflables.
Sur les réseaux sociaux comme TikTok, fondamentalement tourné vers la jeunesse, la campagne bat son plein et intéresse les internautes fraîchement diplômés qui le font savoir en commentaires. Ils pourront prétendre en moyenne à un salaire de 20 000 £ par an, environ 23 235 euros, complété par quelques commissions, avant une éventuelle proposition d’évolution.





