En Argentine,le taux d’arsenic dans l’eau potable ne doit pas dépasser 0,01 milligramme par litre, en vertu de la loi. Mais dans les départements de Copo, d’Alberdi ainsi que certaines zones de Banda et de Robles, il se situe entre 0,4 et 0,6 milligrammes par litre. Des analyses capillaires indiquent des chiffres encore plus démentiels : 2,24 microgrammes par gramme, révèle une enquête du Guardian.
“Chez les enfants, on observe un durcissement de la peau et l’apparition de taches ressemblant à des taches de rousseur”, explique Santiago García Pintos, fondateur de l’ONG Cynnal. ”Chez les adultes, la peau commence à se fissurer et à se fendre, ce qui peut évoluer en cancer de la peau. Les dents se tachent et finissent par tomber.”
L’arsenic est aussi suspecté de provoquer des cancers du foie et des poumons dans la région. En l’absence de canalisations d’eau potable, la plupart des habitants évitent pourtant de boire l’eau des puits, notoirement contaminée à l’arsenic et au fluor, et privilégient l’eau de pluie récoltée dans des citernes.
Mais la sécheresse et l’absence d’infrastructures adaptées les obligent à se tourner vers une eau de plus piètre qualité. Une fois les citernes vides, il n’existe que deux options : acheter de l’eau puisée dans la rivière, dont la qualité est inconnue, ou bien boire l’eau du puits, qui contient des taux élevés d’arsenic et de fluor.
“Toute cette eau est contaminée à l’arsenic”, dénonce Lidia Cuellar, une habitante. ”Ma famille a vécu de nombreuses années à Vilmer, une commune où le taux d’arsenic était élevé. Mon père a développé des plaies qui se sont ouvertes, et je pense qu’il s’agissait d’un cancer de la peau. Lui et quatre de ses frères et sœurs sont décédés d’un cancer. Erasmo, un de mes oncles, est actuellement malade.”
Elle attribue aussi à l’arsenic les douleurs aux os qu’elle et sa fille Marcella ressentent.
4 millions des 45,8 millions d’Argentins vivent dans des zones où les concentrations d’arsenic dans l’eau dépassent les taux autorisés. Mais selon des études plus récentes, 17 millions d’entre eux pourraient être contaminés par celle-ci. Parmi eux, jusqu’à 30% développent des cancers de la peau ou des organes internes.
“En Argentine, la contamination à l’arsenic est principalement d’origine naturelle et résulte de processus géochimiques, l’élément s’infiltrant dans les eaux souterraines à partir de sources telles que les roches volcaniques, plutôt que de la pollution industrielle ou de l’exploitation minière”, explique le Guardian. Toutefois, les herbicides contenant de l’arsenic pourraient également contribuer au problème.
Des filtres permettent d’éliminer l’arsenic de l’eau au niveau des municipalités et des foyers. Un programme réalisé au niveau de la province de Santiago del Estero aurait permis de s’attaquer efficacement au problème, selon le ministre de la santé régional. Cette affirmation est toutefois contestée par les principaux concernés.





