Charles Harel : « Croissance et consolidation fiscale : deux impératifs pour la résilience économique »

Charles Harel : « Croissance et consolidation fiscale : deux impératifs pour la résilience économique »

Le nouveau conseil de la MCCI.

La 177e Assemblée Générale Annuelle de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Maurice (MCCI) s’est tenue ce jeudi 26 mars 2026 à Port-Louis, en présence de Ritesh Ramful, ministre des Affaires étrangères, de l’intégration régionale et du commerce international, de Michaël Sik Yuen, ministre du Commerce et de la protection des consommateurs, et d’Aadil Ameer Meea, ministre de l’Industrie, des PME et des coopératives, ainsi que de membres du corps diplomatique, et des secteurs public et privé.

Dans son discours en tant que Président sortant, Charles Harel a livré une lecture de la conjoncture économique nationale et internationale, appelant à une réponse stratégique qui allie consolidation fiscale et dynamisme économique. Dans un environnement mondial dominé par l’incertitude, il a affirmé que ces deux impératifs ne s’opposent pas mais se conditionnent mutuellement.

Une feuille de route claire pour les entreprises

« Ce qu’il faut, c’est une réponse stratégique combinant consolidation fiscale et croissance économique soutenue, une approche qui donne aux entreprises la possibilité d’investir, de renouveler leur dynamisme et de maintenir l’emploi, tout en soutenant les objectifs fiscaux plus larges du pays », a déclaré Charles Harel. Car la clarté de direction est essentielle : « Sans elle, l’incertitude elle-même devient un coût; un coût pour l’investissement, pour la confiance et pour la croissance. Les entreprises ont besoin d’une feuille de route claire, avec une visibilité et un séquençage qui leur permettent de planifier, de s’adapter et d’investir avec confiance », a-t-il poursuivi.

Des axes prioritaires pour renforcer la résilience économique

Plusieurs axes prioritaires ont été articulés pour renforcer la compétitivité et la résilience de l’économie mauricienne. Le président sortant a notamment plaidé pour l’attraction de l’investissement privé via des cadres PPP et BOT dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie, le transport et la connectivité numérique, saluant au passage la décision récente du gouvernement concernant le secteur portuaire comme exemple concret de cette approche.

Par ailleurs, Charles Harel a appelé à une réforme de la politique d’immigration pour attirer des talents internationaux, des individus à haute valeur nette et du capital-risque. Il a également érigé la réindustrialisation en priorité nationale, avec un soutien explicite aux secteurs émergents dont les Life Sciences, la biotechnologie, l’Intelligence Artificielle, l’automatisation et l’économie bleue.

L’exportation de services, identifiée comme le secteur le plus dynamique de l’économie, représente un gisement de croissance considérable que Maurice doit impérativement exploiter. Pour illustrer ce potentiel, Charles Harel a cité l’Estonie, comparable à Maurice avec 1,3 million d’habitants, qui a investi tôt dans les infrastructures numériques, exportant aujourd’hui son expertise à travers l’Europe et au-delà.

« C’est une opportunité à portée de main », a-t-il affirmé, soulignant que le continent africain, en pleine croissance, importe massivement des services et que Maurice dispose des atouts pour s’y positionner résolument. Des réussites concrètes témoignent déjà de ce potentiel : Mauritius Network Services, créée dans un cadre de partenariat public-privé, emploie aujourd’hui 120 personnes et gère plus de 60 exports numériques vers le Continent ; Mauritius Cargo Community Services, développée en partenariat avec la MEXA, affiche un potentiel de croissance similaire.

La MCCI Business School, quant à elle, accueille des étudiants venus des Comores, de Madagascar, de Mayotte et de La Réunion. Pilier de cette stratégie d’ouverture, la diplomatie économique a été présentée comme un instrument central de compétitivité nationale, pour sécuriser l’accès aux marchés, attirer des investissements stratégiques et positionner Maurice au sein des chaînes de valeur mondiales en constante évolution.

Le gouvernement rend hommage au « rôle essentiel » de la MCCI

Pour Aadil Ameer Meea, ministre de l’Industrie, des PME et des coopératives, « la Chambre s’est affirmée comme un partenaire sérieux et constructif du gouvernement, à travers sa participation aux réunions de concertation, ses contributions à l’élaboration des politiques publiques, son expertise sectorielle, ainsi que, tout particulièrement, son récent rapport sur les perspectives à l’exportation, publié à un moment charnière pour le pays. »

Le ministre a également souhaité « saluer la contribution active de la Chambre dans le cadre des consultations sur l’Industry Bill. Ces apports se sont révélés précieux, pragmatiques et étroitement alignés sur les réalités auxquelles sont confrontées nos entreprises ».

De son côté, Michaël Yeung Sik Yuen, ministre du Commerce et de la protection des consommateurs, a indiqué que « face aux turbulences géopolitiques persistantes, nous devons tous reconnaître le rôle essentiel que joue la MCCI dans la promotion d’un climat de dialogue et de coopération. Ses perspectives sont précieuses pour faire émerger des solutions innovantes capables d’atténuer la hausse des coûts à laquelle nous faisons face. Il est crucial non seulement de répondre à ces défis immédiats, mais aussi de travailler collectivement à anticiper les tendances à venir dans un environnement mondial marqué par l’incertitude ».

Enfin, Ritesh Ramful, ministre des Affaires étrangères, de l’intégration régionale et du commerce international, a également souligné le rôle essentiel de la MCCI dans le développement et la diversification de l’économie mauricienne. « Les membres de la MCCI sont des acteurs clés dans de nombreux secteurs, notamment le commerce, la technologie et la logistique. Au fil des années, mon ministère et la MCCI ont collaboré conjointement sur plusieurs dossiers importants. L’un des exemples les plus marquants est le Trade Obstacle Mechanism, un outil qui permet aujourd’hui de mieux traiter les difficultés rencontrées par notre communauté d’affaires. Ce mécanisme, mis en place par la MCCI et le ministère des Affaires étrangères, a grandement contribué à faciliter l’identification des obstacles auxquels font face nos entreprises », a-t-il fait ressortir.

Entrant dans sa 176ème année, la MCCI a réaffirmé son rôle de plateforme de dialogue, de facilitation des politiques publiques et d’outreach international. « En tant que secteur privé, nous assumons pleinement notre responsabilité d’accompagner les efforts de consolidation du gouvernement. Mais nous souhaitons également l’engagement du gouvernement afin de donner aux entreprises les moyens nécessaires pour soutenir cette démarche », a laissé entendre le président sortant, avant de clôturer sur la devise qui guide l’institution depuis près de deux siècles : « Non nobis, sed patriae. Pas pour nous-mêmes, mais pour notre pays. »

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