Avec un taux de fécondité de 1,6 enfant par femme, les États-Unis n’ont jamais vu naître aussi peu de bébés par femme qu’en 2024. Mais, comme l’affirme un article du Business Insider, ce n’est pas de gaieté de cœur que nos voisins d’outre-Atlantique renoncent à procréer autant qu’ils le voudraient. C’est par manque d’accès à un logement capable d’accueillir une famille plus grande. Un phénomène qui s’inscrit bien logiquement dans le coût général de l’arrivée d’un enfant puisque, comme l’expliquent nos confrères, le coût mensuel de garde dépasse souvent celui d’un emprunt immobilier.
Des logements trop chers et inadaptés
“Le logement est le principal obstacle financier auquel font face les familles. C’est la première chose à laquelle pensent les gens lorsqu’ils commencent à parler de faire des enfants”, explique Lyman Stone, co-auteur d’une étude menée auprès de 8000 Américains entre 18 et 54 ans pour l’Institute for Family Studies (IFS), un think tank conservateur et pronataliste. Ces travaux montrent que 30% des interrogés mentionnent le coût de garde comme un frein quant à au fait de faire des enfants et que 25% pointent le logement du doigt. C’est toutefois ce dernier qui influence le plus la taille des familles.
Au-delà du coût, ce sont aussi les types de logement disponibles qui freinent les couples désirant avoir des enfants. Toujours selon les travaux de Lyman Stone, la quasi impossibilité de trouver des logements — particulièrement des maisons individuelles — avec assez de chambres, dans des quartiers sûrs, et depuis lesquels de bonnes écoles sont accessibles à pied, joue au moins autant que la somme à débourser. “Si on donne plus de chambres aux gens, ils sont enclins à faire plus d’enfants”, résume le chercheur.
Comme l’explique encore Business Insider, cela n’est toutefois pas nouveau. Un rapport commandé par le géant de l’immobilier américain Zillow en 2018 avait révélé une augmentation de la fécondité dans les régions où l’inflation était la plus faible mais une baisse dans celles où la construction de logements s’avérait être le plus difficile. Quant aux années 1990 et 2000, elles ont connu une hausse de 10% du prix des logements corrélée à une baisse de 1% des naissances parmi les non-propriétaires.
Enfin, une étude de Lisa J. Dettling et Melissa Schettini Kearney, respectivement économiste du Federal Reserve Board américain et chercheuse en économie à l’Université de Notre-Dame, publiée en 2025, révèle que l’apparition des prêts hypothécaires requérant un faible apport initial dans les années 1930 est responsable de la naissance de 3 millions de bébés. Comment ? En permettant aux jeunes foyers d’accéder à la propriété.
Il semble toutefois que faire baisser les prix de l’immobilier américain ne serait pas suffisant. Et pour cause, depuis quelques années la misère ne cesse de se répandre dans la plus grande démocratie du monde. Entre 2021 et 2022, le taux de pauvreté est ainsi passé de 7,8% à 12,4%, tandis qu’elle a doublé en ce qui concerne les enfants. S’il n’est pas endigué, ce phénomène ne fera évidemment qu’influer négativement sur la fécondité des Américains.





