Des étals colorés, des vendeurs en pleine négociation commerciale, de la nourriture qui cuit à l’air libre. Les plages de Rio de Janeiro, au Brésil, sont autant célèbres pour leur sable blanc que pour l’animation qui y règne. Des hommes et des femmes venus du haut des collines de la capitale tentent d’attirer les touristes avec des produits en tout genre : maillots de bain, chaises, parasols, ballons, viande grillée ou encore caïpirinhas, le célèbre cocktail brésilien.
Mais tout cela risque de disparaître, rapporte le New York Times. Le maire de Rio, Eduardo Paes, a signé un décret récemment afin d’imposer des règles sur les quelque 48 kilomètres de côtes. Cela commence par les barracas, les stands très colorés où les habitants et les touristes peuvent venir acheter de quoi boire et manger, mais aussi louer des transats et des parasols. Ces stands tels qu’on les connaît, installés chaque matin et démontés chaque soir, vont disparaître.
Les plages de Rio de Janeiro sommées d’être plus neutres
Jusqu’à présent, les étals étaient pleins de couleurs mais aussi de publicités et de drapeaux en tous genres. Avec le décret entré en vigueur au début du mois de juillet, ces stands sont sommés de ne comporter aucune publicité et de ne contenir que du noir et du blanc. Une décision qui change drastiquement le visage des plages cariocas. Eduardo Paes explique qu’il veut éviter la “pollution visuelle” qui “transforme l’un des meilleurs atouts de Rio de Janeiro et un magnifique paysage en vrai bazar”.
Si la municipalité assure que le noir et blanc pourra être remplacé par de la couleur si tout le monde parvient à se mettre d’accord sur une même direction artistique, le changement ne plaît pas aux habitants de Rio pour le moment. D’autant que ce n’est pas le seul bouleversement. Le décret impose aux vendeurs qui exercent sur la plage d’avoir un permis et interdit l’utilisation de bouteilles de gaz, de brochettes en bois et de glacières en polystyrène pour préparer à manger. Cela signifie de fait la fin de la vente de plusieurs en-cas particulièrement appréciés comme le maïs bouilli, les brochettes de crevettes ou la viande et le fromage grillés.
L’essence de Rio est-elle en péril ?
Une semaine après l’entrée en vigueur du décret, quelques amendes ont déjà été distribuées. Mais les vendeurs sont unanimes, ce travail, même sans permis, est l’une de leurs seules options pour gagner leur vie. La mairie semble consciente de cette réalité et assure vouloir garder de nombreux vendeurs sur la plage.
“Peu importe ce que l’on décide, il y aura toujours une forme de chaos organisé. C’est ce qui fait l’identité et la beauté des plages de Rio de Janeiro ”, concède Eduardo Cavaliere, le premier adjoint au maire. ”Mais il nous faut un minimum de règles.” Toutes les tentatives de régulation passées ont échoué. Celle-ci connaîtra-t-elle le même sort ?





