Vision 2050 : Le tourisme ouvre les consultations sectorielles

Vision 2050 : Le tourisme ouvre les consultations sectorielles

Plus de vingt organisations et parties prenantes ministères, hôtels de toutes tailles, secteur aérien, ONG et agences de promotion — se sont réunies pendant quatre heures pour dessiner ensemble l’avenir du tourisme mauricien pour les 25 prochaines années. Première d’une série de consultations sectorielles pilotées par le Ministère des Services Financiers et de la Planification Économique, cette session a donné le ton d’un exercice résolument tourné vers l’avenir et l’action.

Le tourisme mauricien se porte bien : 1,4 million de visiteurs en 2025, plus de Rs 103 milliards de recettes et une contribution d’environ 8 à 9 % au PIB en moyenne. Mais c’est précisément cette bonne santé qui appelle les questions les plus ambitieuses.

Dans son allocution d’ouverture, le Dr Jyoti Jeetun a posé le cadre : « Comment rendons-nous ce secteur plus durable ? Comment le diversifions-nous ? Cherchons-nous le volume ou la création de valeur — tout en préservant nos atouts naturels et notre culture ? » Elle a également soulevé la question de l’intégration du tourisme dans l’économie locale : comment créer davantage d’opportunités en tissant des liens plus forts entre le secteur touristique et les autres filières de l’économie mauricienne. Elle a enfin mis en lumière un potentiel encore sous-exploité : faire de Maurice la destination de référence pour le tourisme MICE, en accueillant des événements d’envergure internationale tels que l’Africa CEO Forum ou le FT Africa Summit, en complément du tourisme de loisirs où l’île dispose déjà d’une marque forte.

Des données au coeur des débats

Chaque consultation sectorielle est co-présidée par un représentant du secteur public et un représentant du secteur privé, qui soumettront leurs recommandations à l’instance centrale du Ministère des Services Financiers et de la Planification Économique. Pour le tourisme, cette co-présidence a été confiée à Ashwin Seetaram, Directeur du Tourisme et à Jocelyn Kwok, Chief Executive Officer de l’AHRIM.

Ashvin Seetaram a saisi l’occasion de cette session pour présenter, en avant-première, les grands axes du plan stratégique du tourisme, document encore à l’état de projet, dont la validation par le gouvernement est attendue prochainement, offrant ainsi à l’ensemble des acteurs du secteur un premier aperçu du socle de travail sur lequel Vision 2050 devra s’appuyer pour aller au-delà. Pour lui, « la vision d’un tourisme mauricien performant repose sur une approche intégrée : culture, nature, resorts, villes et villages doivent former un tout cohérent, capable d’attirer les visiteurs vers l’intérieur de l’île. L’économie bleue et la compétitivité verte constituent des piliers incontournables de cette vision, tout comme la formalisation progressive du secteur informel ».

Jocelyn Kwok a quant à lui fixé l’ambition des échanges en appelant à une logique d’additivité plutôt que de choix : « Il ne s’agit pas de choisir entre une option et une autre — c’est l’une et l’autre, et bien d’autres encore ». Le CEO de l’AHRIM a également soulevé un enjeu central : la moitié des touristes séjournent hors du circuit hôtelier, une réalité encore insuffisamment capturée par les données existantes. « On ne peut pas planifier ce qu’on ne mesure pas », a-t-il rappelé.

Le Dr Jyoti Jeetun a conclu sur le rôle pivot du Ministère des Services Financiers et de la Planification Économique : la cohésion entre tous les acteurs, ministères, secteur privé et société civile, n’est pas une option, mais bien le point de départ. Les faire avancer dans la même direction, c’est la mission que le Ministère s’est fixée dans la construction de Vision 2050.

Trois groupes de travail, des recommandations concrètes

Les participants se sont répartis en trois groupes thématiques — prospérité, emploi et revenus, et durabilité. Parmi les recommandations soulevées, on retrouve le renforcement des infrastructures de transport aérien ; la valorisation du patrimoine culturel à travers une meilleure exploitation des musées publiques ; le développement touristique de Rodrigues et de Saint-Brandon comme destinations à part entière ; la création d’emplois qualifiés et spécialisés pour rehausser la valeur ajoutée du secteur ; la régulation des tarifs de taxi pour offrir aux visiteurs une expérience plus transparente et compétitive, ou encore la création de synergie entre le secteur formel et informel.

Les prochaines consultations sectorielles se tiendront avec les acteurs de l’économie circulaire et ceux du secteur de l’immobilier, du logement et de l’aménagement du territoire autour des grands enjeux de développement durable à l’horizon 2050.

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