À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes 2026, un panel intitulé Women in Politics s’est tenu le 18 mars à l’Université de Maurice, réunissant des fi gures infl uentes de la scène politique et de la société civile mauricienne.
Organisé par la Blue Hope Foundation en collaboration avec l’University of Mauritius Students’ Political Science Society, cet événement a offert un espace d’échange riche autour des défi s, opportunités et perspectives pour les femmes en politique à Maurice.
En tant que présidente de la Students’ Political Science Society de l’université de Maurice, Hanaa Rughony a également tenu à souligner la portée de ces échanges : « Les femmes en politique ne sont pas simplement participantes du système, elles le transforment, en veillant à ce que les droits ne soient pas seulement écrits, mais réellement appliqués et vécus. »
Elle a rappelé l’importance de créer des espaces où les voix féminines peuvent s’exprimer librement, tout en insistant sur la responsabilité collective des hommes et femmes dans la construction d’un paysage politique plus inclusif et équitable.
Le panel, modéré par Emilie Soogund — étudiante à l’Université de Maurice en politiques et membre des Nouveaux Démocrates — a réuni quatre intervenantes de renom :
- Véronique Leu-Govind – Junior Ministre et Présidente des Nouveaux Démocrates,
- Tania Diolle – Ex PPS et Leader du RSP,
- Mahima Runglall – Project Leader chez Transparency Mauritius
- Nita Deerpalsing – Ex Députée et Ex Porte-parole du PTR.
Les discussions ont mis en lumière des parcours inspirants ainsi que des positions fortes sur l’inclusion et la participation politique des femmes.
Nita Deerpalsing a livré un message marquant sur la confiance en soi et l’autonomie des femmes : « Notre valeur en tant qu’humain (et surtout en tant que femme) ne doit jamais dépendre sur une validation extérieure quelconque. Il faut avoir la force de ses convictions et foncer ! »
De son côté, Tania Diolle a plaidé en faveur des systèmes de quotas, soulignant que sa propre présence sur l’échiquier politique est directement liée au Local Government Act de 2012, qui a introduit des quotas pour les femmes lors des élections municipales — une mesure ayant contribué à améliorer la représentation féminine.
Véronique Leu-Govind a, quant à elle, insisté sur l’importance de l’expérience de terrain dans le parcours politique, aaffirmantavec authenticité : « Mo pa ti ale liniversité, me mo liniversité sé mo site dan 14. » Un rappel fort que l’engagement politique se construit aussi au contact direct des réalités du terrain. Véronique Leu-Govind a également partagé des conseils concrets tirés de son expérience, mettant en avant l’importance de l’équilibre et de la discipline personnelle : « Il faut concilier la vie politique, familiale, personnelle et professionnelle, et trouver un équilibre. Il est essentiel d’avoir une opinion éclairée, en écoutant les autres tout en restant ouvert. Il faut aussi connaître ses priorités et savoir dire non aux choses qui nous détournent de nos objectifs. »
Enfin, Mahima Runglall de Transparency Mauritius a appelé à une sensibilisation accrue dès le plus jeune âge, encourageant les jeunes à s’intéresser à la politique, à voter et à s’impliquer activement, notamment dans le plaidoyer et le lobbying citoyen.
La modératrice Emilie Soogund a su guider les échanges avec justesse et engagement, en mettant en lumière l’importance d’une représentation féminine qui dépasse les clivages partisans. À travers ses interventions, elle a rappelé que la participation des femmes aux instances de décision est non seulement une question d’égalité, mais aussi une nécessité démocratique, appelant à des réformes concrètes pour une inclusion à la hauteur de leur contribution réelle à la société.
En guise de conclusion, la modératrice Emilie Soogund a souligné l’essence même des échanges : « La représentation féminine dans les instances de décisions publiques dépasse les couleurs politiques. Nous l’avons vu avec ce panel et cela démontre l’urgence d’une réforme qui inclut les femmes à leur juste valeur. »
Parmi les participants, un étudiant a partagé un ressenti particulièrement marquant : « Je suis venu même si le sujet ne me concernait pas directement, mais j’en ressors touché, car je comprends aujourd’hui que j’ai moi aussi un rôle à jouer dans la représentation féminine. »
Ce panel a permis de susciter des échanges enrichissants avec les étudiants présents, tout en mettant en avant la nécessité d’une représentation plus équitable et d’un engagement renforcé des femmes dans la vie politique mauricienne.





