Attention, ça va secouer ! À l’échelle astronomique, du moins. Ce mercredi 9 juillet, puis le 22 juillet et le 5 août, la Terre va tourner plus vite que d’habitude. Résultat : les journées seront plus courtes. Rassurez-vous, on ne le sentira pas. Ces trois jours seront raccourcis de 1,3 à 1,51 milliseconde. Si ce n’est pas grand-chose à l’échelle humaine, c’est assez spécial pour la Terre pour être noté. Et c’est notamment dû à la position de la Lune par rapport à notre planète, explique LiveScience.
On le sait, si nos journées durent 24 heures, c’est parce que c’est le temps qu’il faut à la Terre pour faire un tour complet sur elle-même. Mais en réalité, de nombreux facteurs peuvent affecter sa vitesse de rotation. D’ailleurs, notre planète a tourné bien plus vite que cela dans son histoire. En 2023, des chercheurs avaient réussi à démontrer – dans une étude publiée dans Nature Geoscience – qu’il y a un à deux milliards d’années, la Terre tournait en 19 heures seulement. La Lune était alors beaucoup plus proche de nous, ce qui lui donnait une plus grande force gravitationnelle et entraînait une accélération de la rotation terrestre.
La Lune joue avec la vitesse de la Terre
Sur les trois jours d’été à venir, la Lune sera au plus loin possible de l’équateur. Là encore, cela va changer la force gravitationnelle de l’astre sur la Terre et causer une accélération de la rotation. Mais l’on ne devrait pas atteindre le record, obtenu de manière naturelle, observé le 5 juillet 2024. Ce jour-là, nous avions perdu 1,66 milliseconde sur les 24 heures de rotation habituelle. Certains événements traumatiques ponctuels ont aussi la capacité d’accélérer notre rotation. Lors du tremblement de terre qui a affecté le Japon le 11 mars 2011, la journée a été raccourcie de 1,8 milliseconde.
Si la Terre peut accélérer, il lui arrive aussi de ralentir. Le changement climatique, notamment, a des effets directs sur la longueur de nos journées. La NASA a analysé les données entre 2000 et 2018 et découvert que la fonte des glaces et les mouvements des nappes phréatiques pouvaient allonger nos journées de 1,33 milliseconde par siècle.
La Terre change de vitesse de rotation assez régulièrement
La Terre est également sensible au changement de saisons. Selon Richard Holme, géophysicien à l’université de Liverpool, “pendant l’été de l’hémisphère nord, les arbres ont des feuilles et la masse est donc déplacée du sol vers le dessus du sol, plus loin donc de l’axe de rotation de la Terre”. Puisque la vitesse de rotation d’un corps est déterminée par la distribution de sa masse, si la Terre est plus lourde au nord – il y a déjà plus de terres qu’au sud – et que le poids s’éloigne du centre de la Terre, la vitesse de rotation ralentit.
Ces quelques millisecondes d’écart sont imperceptibles au quotidien. Elles ne le deviendraient que si elles dépassaient les 900 millisecondes. Cela n’arrive jamais en une seule journée. Mais au fil des années, une milliseconde par ci, puis par là créent parfois un décalage entre l’horloge mondiale et la position de notre planète. Dans ces cas-là, le Service international de la rotation terrestre et des systèmes de référence s’occupe d’ajouter une seconde factice à l’heure de référence pour tout aligner à nouveau.





