Émirats arabes unis : Des expatriés indiens à la poursuite de la pluie

Émirats arabes unis : Des expatriés indiens à la poursuite de la pluie

Traquer les rares averses de l’été dans le désert des Émirats arabes unis, c’est la mission que s’est donnée Mohammed Sajjad après avoir quitté son Inde natale en pleine mousson pour s’installer dans ce pays aride du Golfe.

Employé dans une agence immobilière à Dubaï depuis une dizaine d’années, il a développé une passion pour la météorologie qu’il partage avec des compatriotes nostalgiques, comme lui, de la saison des pluies.

“Je n’arrivais pas à m’adapter (…) alors j’ai commencé à faire des recherches sur les précipitations aux Emirats et j’ai appris qu’elles peuvent survenir même au plus fort de l’été”, confie-t-il à l’AFP.

Chaque semaine, Mohammed Sajjad épluche les données météo pour estimer où et quand la pluie pourrait tomber et donner rendez-vous à ses 130 000 abonnés sur Instagram.

Le week-end dernier, ils étaient à bord de plus d’une centaine de voitures à le suivre dans l’émirat de Sharjah, conduisant à travers le désert et les montagnes arides pour espérer retrouver l’ambiance caractéristique de cette saison dans leur pays d’origine.

La nostalgie de la mousson

“Mon intention est de réunir tous ceux qui aiment la pluie et qui en sont privés ici”, dit M. Sajjad.

Ses expéditions ne sont pas toujours concluantes. “Il peut pleuvoir comme il peut ne pas pleuvoir”, reconnait Sajid Tayed, un Indien résidant à Dubaï depuis près de 27 ans, habitué de ces excursions. Mais lorsque les prévisions se matérialisent, le sentiment est “indescriptible”, ajoute-t-il.

Après plus de trois heures de route, le groupe arrive à destination juste au moment où les premières gouttes commencent à tomber. Adultes et enfants se précipitent alors hors des véhicules pour toucher la pluie et sauter dans les flaques d’eau, le visage inondé de bonheur. “Ils ont la nostalgie” de la mousson, explique leur guide.

Les Émirats arabes unis accueillent près de 3,5 millions d’expatriés et travailleurs indiens, qui représentent la plus grande communauté parmi les 10 millions d’habitants de ce pays pétrolier.

“Toute ma famille et mes amis profitent de la pluie et du climat là-bas. Et nous, on vit ici sous un soleil brûlant”, commente Anagha, une employée de banque, qui participe pour la première fois.

Des phénomènes climatiques extrêmes

Avec le recours aux techniques d’ensemencement des nuages, les précipitations moyennes varient entre 50 et 100 millimètres par an dans le pays, avec des épisodes relativement courts et parfois intenses en hiver.

Les pluies sont beaucoup plus rares durant la saison estivale, qui va de mai à septembre, avec souvent moins de 5 mm, souligne Diana Francis, experte en climat de la Khalifa University à Abou Dhabi.

Mais “si les moyennes à long terme restent faibles, la fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes (par exemple, les averses soudaines et violentes) ont augmenté en raison du réchauffement climatique”, souligne-t-elle.

En avril 2024, le pays a connu des pluies diluviennes, inédites depuis 75 ans, qui ont provoqué des inondations majeures.

Cette année en revanche, le même mois a été marqué par une chaleur inhabituelle, suivie par un record de température en mai, à 51,6 degrés. La dernière fois qu’il a plu, “tout était bloqué et nous n’avons pas pu en profiter”, se souvient Anagha. “Cette fois, (…) la pluie vient à nous dans le désert”.

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