Face aux crises mondiales, l’île Maurice renforce son attractivité financière

Face aux crises mondiales, l’île Maurice renforce son attractivité financière

Le ministère des Services financiers et de la Planification économique a réuni, le 16 avril 2026, l’ensemble de l’écosystème financier mauricien autour d’un atelier de travail stratégique. Objectif: doter l’industrie des outils concrets pour répondre à une demande croissante d’investisseurs souhaitant relocaliser leurs structures vers des juridictions plus stables.

Dans un contexte de tensions géopolitiques profondes qui reconfigurent actuellement les flux de capitaux internationaux, et sur recommandation du Financial Services Consultative Council, le ministère des Services financiers et de la Planification économique a mobilisé l’ensemble des acteurs du secteur financier mauricien. Les demandes d’investisseurs souhaitant relocaliser leurs structures, domicilier leurs fonds ou établir leurs résidences dans une juridiction sûre et bien régulée sont à la hausse. L’atelier du 16 avril avait précisément pour objet de transformer cette demande en flux concrets vers Maurice.

Régulateurs, banques, sociétés de gestion, cabinets d’advisory, représentants du secteur immobilier et organismes institutionnels ont répondu présent à cette initiative stratégique. Parmi les participants figuraient Abrar Anwar et Daniel Essoo, respectivement Chairman et CEO de la Mauritius Bankers Association, Shamima Mallam Hassam, Chairperson de Mauritius Finance, Sachin Mohabeer de l’Economic Development Board (EDB), Prabha Chinien du Corporate and Business Registration Department (CBRD), Renu Audit de la Financial Services Commission (FSC), Rajeev Hasnah, First Deputy Governor, et Sudha Heeramun de la Banque de Maurice.

Des présentations institutionnelles, des réponses concrètes

L’atelier a ainsi donné lieu à des présentations détaillées de chaque institution représentée, exposant les mesures fast track et autres dispositifs d’accompagnement que chaque partie prenante s’engage à mettre en place pour faciliter l’accueil des investisseurs et des entreprises souhaitant se relocaliser. La FSC, la Banque de Maurice, le CBRD et l’EDB ont chacun exposé ce que la législation existante permet aujourd’hui, ce qui peut être traité en fast track, et comment un guichet dédié assurera désormais l’accompagnement concret des investisseurs et des entreprises à chaque étape de leur relocalisation. Les membres de l’industrie ont également saisi l’occasion pour adresser directement aux régulateurs leurs questions opérationnelles — sur les délais d’approbation, les conditions de substance, les procédures d’onboarding et la coordination interinstitutionnelle. C’est dans ce contexte de coopération que les échanges ont été francs, techniques et orientés vers l’exécution.

En parallèle, le Conseil des ministres a validé un dispositif fast track inédit : cinq jours ouvrables pour créer une nouvelle Global Business Company, deux jours ouvrables pour redomicilier une société étrangère à Maurice, et cinq jours pour traiter un visa Premium ou un permis de travail pour les professionnels des services financiers. À noter que le visa Premium est désormais renouvelable après deux ans.

Une nouvelle voie d’accès à la résidence permanente est de ce fait ouverte aux ultra-HNWI, combinant un investissement financier de 500,000 à 1, 000,000 de dollars américains avec la voie immobilière existante. Dans la foulée, la FSC finalisera d’ici fin avril 2026 ses orientations sur les Variable Capital Companies, afin de donner aux gestionnaires de fonds la visibilité dont ils ont besoin.

Pour la ministre des Services financiers et de la Planification économique, Dr Jyoti Jeetun, il ne fait aucun doute que « les périodes d’incertitude poussent les investisseurs à chercher ailleurs. C’est une réalité que nous observons aujourd’hui et que nous avions anticipée. Maurice réunit tout ce qu’ils recherchent: une juridiction solide, connectée, stratégiquement positionnée entre l’Afrique, l’Asie et le Moyen-Orient, capable d’accueillir des individus, des Regional Headquarters, des Shared Services Centres et des structures d’investissement. Notre rôle n’est pas de réagir aux événements — c’est de les anticiper. L’atelier de ce jour est le premier pas d’un travail collectif pour faire de Maurice le choix naturel de ceux et celles qui sont à la recherche d’une alternative sérieuse ».

Une proposition de valeur encore sous-exploitée

Maurice dispose d’une architecture réglementaire éprouvée: 45 conventions fiscales, une progression de huit places au Global Financial Centres Index 2026 qui la place désormais au 50e rang mondial, au deuxième rang africain et au cinquième rang dans la région Afrique-Moyen-Orient. Le secteur couvre l’ensemble de la chaîne de valeur — banque, assurance, gestion de fonds, services fiduciaires, réassurance. Ces atouts sont réels, mais ils restent insuffisamment connus des investisseurs qui réévaluent aujourd’hui leur ancrage géographique. L’atelier avait aussi pour ambition de donner à l’industrie les arguments, les outils et les interlocuteurs nécessaires pour promouvoir activement cette proposition de valeur auprès de leurs réseaux et de leurs clients.

« En temps d’incertitude, la stabilité et la sécurité comptent autant que la rapidité et l’envergure. Maurice est politiquement neutre, bien régulée et stratégiquement positionnée entre l’Asie, l’Afrique et le Moyen-Orient. Cette distance par rapport aux zones de risque est devenue un avantage concurrentiel tangible. Mais l’opportunité seule ne suffit pas: c’est l’exécution, la rapidité et la maturité de notre écosystème qui détermineront si nous réussissons à capter ces flux. Le gouvernement et les autorités de régulation doivent continuer à favoriser cette rapidité sans compromettre la crédibilité. Les demandes d’application ou de ré-domiciliation doivent être traitées à travers des conditions préalables aux conditions subséquentes. Quant au secteur privé, il doit promouvoir activement Maurice et s’engager auprès des clients réévaluant leur empreinte géographique. Aujourd’hui, l’industrie a les outils et il faut agir rapidement », a déclaré Shamima Mallam Hassam, Chairperson de Mauritius Finance.

Les gouvernements et les autorités de régulation doivent continuer à favoriser la rapidité sans compromettre la crédibilité. Les demandes d’application ou de ré domiciliation doivent être traitées en passant des conditions préalables aux conditions subséquentes. Le secteur privé doit promouvoir activement Maurice et s’engager auprès des clients qui réévaluent leur empreinte géographique. Aujourd’hui l’industrie a les outils et il faut agir rapidement.

Le secteur bancaire : solide, capitalisé, prêt à l’échelle

Le secteur bancaire mauricien gère des actifs dépassant 2,5 trillions de roupies et affiche des ratios de fonds propres de 18 à 20% — soit près du double des exigences de Bâle III. La Mauritius Bankers Association a insisté sur la nécessité de transformer cette solidité en avantage commercial immédiat, en supprimant les frictions dans les processus d’onboarding, d’ouverture de comptes et d’approbation réglementaire. Les banques ont présenté leurs dispositifs d’accompagnement dédiés aux structures en cours de relocalisation, avec des équipes spécialisées et des engagements de délais fermes.

Intervenant à cette occasion, Abrar Anwar, Chairman de la Mauritius Bankers Association, a indiqué que « nous ne sommes plus dans un ordre mondial stable. Nous sommes dans une reconfiguration de l’architecture financière internationale. La stabilité est désormais un ticket d’entrée, pas un facteur de différenciation. L’ambition de Maurice doit être de passer d’une juridiction sûre à un centre stratégiquement pertinent dans un monde de plus en plus fragmenté. Le secteur bancaire est résilient, bien capitalisé, bien gouverné — et prêt à jouer ce rôle. Quand une entreprise ou un investisseur décide de se relocaliser, c’est d’abord avec sa banque qu’il parle. Nous devons être à la hauteur de ce moment »

Un mécanisme de suivi à haut niveau

À l’issue de l’atelier, un mécanisme de suivi présidé par la ministre Jeetun sera mis en place pour coordonner la mise en oeuvre des mesures entre les institutions partenaires et lever les obstacles opérationnels au fur et à mesure qu’ils se présentent. Quatre segments prioritaires ont été identifiés: les Regional Headquarters et Shared Services Centres, les gestionnaires de fonds, les ultra-HNWI et les professionnels des services financiers en quête de relocalisation.

En étant agile dans un contexte de plus en plus changeant, Maurice répond à un besoin mondial de juridictions stables, fiables et bien gouvernées: en mettant ainsi en avant ses atouts au niveau de la fiabilité, de la transparence et de la connectivité, le joyau de l’océan Indien démontre qu’il est capable d’accueillir des capitaux et des talents sérieux dans un monde qui en cherche.

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