Un atelier national de diffusion s’est tenu le jeudi 11 décembre 2025, à l’Université de Maurice (UoM) afin de présenter les conclusions d’un projet de recherche collaboratif mené conjointement avec l’Université d’Oslo et l’Université de Pretoria. La partie mauricienne de l’étude, financée par l’UoM, a été réalisée par la Faculté des sciences sociales et humaines.
Le projet a examiné la question du harcèlement de rue tel qu’il est vécu par les jeunes à Maurice, en s’appuyant sur des recherches locales limitées et en fournissant des données actualisées pour soutenir l’engagement académique, politique et institutionnel.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, des Sciences et de la Recherche, le Dr Kaviraj Sukon, le vice-chancelier par intérim et vice-chancelier adjoint (Academia), le professeur Mohammad Issack Santally, le professeur associé Ramola Ramtohul et des représentants d’institutions et d’organisations concernées étaient présents pour l’occasion.
La recherche visait à documenter les causes, la prévalence et les effets du harcèlement de rue parmi la population jeune mauricienne à travers une approche intersectionnelle. Une attention particulière a été accordée aux modèles de comportement observés dans les espaces publics, à l’influence des normes de genre et aux facteurs sociaux plus larges associés à cette forme d’interaction entre les sexes. L’étude a également examiné les impacts du harcèlement sur les individus et les stratégies d’adaptation adoptées en réponse.
Le programme comprenait également une table ronde réunissant des experts nationaux et des représentants de la société civile, ainsi qu’une séance de questions-réponses. L’événement a permis aux participants d’approfondir leur réflexion sur les conclusions et de discuter de leurs implications pour les politiques, la recherche et les pratiques futures.
Dans son discours, le Dr Kaviraj Sukon a souligné la nécessité de mener des recherches appliquées qui produisent des avantages tangibles pour la société. Il a fait remarquer que la recherche sur le harcèlement de rue ne devait pas rester confinée aux espaces universitaires ou aux publications, ajoutant que la diffusion des conclusions auprès des communautés, des écoles et des institutions concernées devait être une priorité.
Des études internationales, notamment celles de l’université Cornell et de l’université du Michigan, ont été citées pour démontrer les répercussions économiques, émotionnelles et psychologiques du harcèlement de rue, en particulier sur les jeunes. Ces effets influencent la mobilité, l’engagement scolaire, le bien-être et la confiance en soi, soulignant l’importance de traduire les preuves en interventions pratiques, a déclaré le ministre. Il a encouragé les discussions sur la manière dont les résultats de la recherche peuvent être transformés en actions concrètes pour soutenir les personnes concernées.
Le ministre a également souligné le rôle des universités dans la promotion du changement social par l’éducation, la sensibilisation et la collaboration avec les organismes nationaux et les organisations de la société civile. Il a partagé ses réflexions personnelles pour illustrer comment les attitudes sociétales ont, au fil du temps, normalisé le harcèlement, renforçant ainsi la nécessité d’enseigner très tôt aux jeunes que ce type de comportement est inacceptable et doit être combattu.
Il a également exprimé son intérêt pour l’extension d’ateliers similaires aux écoles secondaires et aux centres de formation afin que les élèves puissent apprendre à identifier le harcèlement, à le signaler et à se protéger. Selon le ministre Sukon, les efforts visant à lutter contre la violence sexiste doivent se poursuivre tout au long de l’année et ne pas se limiter à des campagnes à court terme telles que les 16 jours d’activisme.





