La première Conférence ministérielle sur le trafic et l’usage de drogue dans l’océan indien occidental (OIO) s’est tenue le jeudi 25 avril 2024 à Balaclava. Elle a adopté une ambitieuse Déclaration pour le renforcement de la coopération régionale et internationale contre le trafic et l’usage de drogue dans l’OIO.
La conférence était organisée par le Bureau du Premier ministre, conjointement avec le ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et du Commerce international, et en collaboration avec la Commission de l’océan indien.
Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, avait procédé à l’ouverture officielle des travaux de la conférence. Celle-ci a vu la participation de 24 Etats et 12 organisations intergouvernementales ainsi que des centres régionaux, ONG et autres partenaires.
Onze ministres étrangers, représentant les Seychelles, les Comores, Madagascar, l’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis, le Bangladesh et le Sri Lanka, étaient présents à cette rencontre.
Le gouvernement a fait du combat contre le commerce illicite des stupéfiants une de ses priorités en matière de sécurité, de santé et de stabilité sociale. La diplomatie mauricienne porte ce combat à l’échelle régionale et internationale par le biais de canaux bilatéraux, d’instances régionales et du forum multilatéral. Ce qui permet à Maurice d’assurer un rôle de leadership dans le domaine de la sécurité maritime dans la région.
Les routes maritimes de l’OIO sont devenues un vecteur privilégié pour les réseaux de trafic de drogue, exploitant la vastitude des mers pour opérer en toute discrétion et en utilisant, notamment, les îles de la région comme des points de transit. La région de l’OIO est confrontée à de graves défis dans la lutte contre le trafic de drogues et l’introduction de nouvelles substances psychoactives ainsi qu’à une recrudescence du volume du trafic de drogues dans la région entraînant une augmentation de la consommation de drogues.
Le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et du Commerce international, a animé un point de presse à l’issue de la conférence pour communiquer les grandes lignes de la Déclaration qui préconise, entre autres recommandations, la mise en place d’une Stratégie régionale de l’OIO de lutte contre le trafic et l’usage de drogues et de l’Observatoire régional des drogues.
Il est impératif de renforcer l’architecture de sécurité de l’OIO. Celle-ci est fondée sur le Code de Conduite de Djibouti / Amendement de Djeddah, qui constitue le cadre de coopération pour combattre le trafic et l’usage de drogues dans la région de l’OIO. Il permet (i) l’échange et le partage d’information et (ii) la coordination d’actions en mer ayant permis l’établissement d’une architecture de sécurité maritime dans l’océan Indien occidental ainsi que des Centres régionaux de Fusion d’information maritime (CRFIM) et de Coordination des opérations (CRCO) avec le soutien du programme MASE, financé par l’Union européenne, et des partenaires internationaux.
Les pays de la région sont préoccupés par les graves répercussions sociales et sanitaires de l’usage de drogues, telles que les surdoses, le VIH/sida et les décès associés, ainsi que par les effets du trafic de drogue sur nos sociétés, la sécurité et la stabilité des pays de l’OIO et de la région. Ils sont, en particulier, interpellés par la propagation croissante de nouvelles substances psychoactives illicites dans toute la région, notamment l’utilisation répandue de cannabinoïdes synthétiques.
La Déclaration souligne la nécessité d’une approche holistique, intégrée et transversale et d’une coopération régionale pour relever efficacement les défis émergents en matière de lutte contre le trafic et l’usage de drogues ainsi que de toute autre activité illicite liée dont la pêche illicite, non déclarée et non-réglementée (INN) aux niveaux national et régional. Dans cette optique, les participants à la conférence se sont engagés à finaliser la Stratégie régionale de l’océan Indien occidental de lutte contre le trafic et l’usage de drogues, appellent les partenaires internationaux à soutenir sa mise en œuvre.
Les autres points forts de la Déclaration concernent :
• La mise en œuvre des mesures de réduction des risques et de la demande de drogue fondées sur des données probantes, en collaboration avec la société civile, par le biais de la sensibilisation et de la formation des parties prenantes, de programmes de sensibilisation grand public et de systèmes d’alerte précoce.
• Des mesures pour interrompre la chaîne d’approvisionnement en drogues en ciblant les trafiquants de drogue, leur enrichissement illicite et leurs réseaux en conformité avec les normes relatives aux droits humains et l’état de droit.
• Un renforcement de l’échange d’informations entre les services de police et de douane, les organismes chargés de l’application de la loi et les centres régionaux existants ainsi qu’à un renforcement de la coopération judiciaire aux niveaux national et régional.
• Les aspects sanitaires et sociaux, avec des échanges de bonnes pratiques et le développement de traitements appropriés, une prise en charge médicale spécialisée des addictions et la formation des professionnels de la santé et du secteur social.
• Considérant en outre que la Stratégie encourage la recherche et le développement (R&D) en vue de relever les défis liés au trafic et à l’usage de drogues.
• Appel à la communauté internationale à renforcer l’assistance aux États de l’océan Indien occidental dans la lutte contre les recettes issues de la criminalité et le blanchiment d’argent liés à la drogue.
• La mise en place de l’Observatoire régional des drogues qui constitue une ressource précieuse pour la région en matière de collecte et de diffusion d’informations factuelles et comparables sur les drogues et la toxicomanie en étroite collaboration avec les centres régionaux existants et prenons note de la proposition de la République des Seychelles de l’héberger.
• Appel à la communauté internationale de s’associer et d’appuyer la mise en œuvre de la Stratégie, la création de l’Observatoire régional et du Réseau des secrétariats nationaux des drogues.





