Selon l’Acte constitutionnel du Royaume du Danemark, tous les hommes âgés de plus de dix-huit ans et en bonne forme physique sont tenus d’effectuer un service militaire, d’une durée de quatre à douze mois en fonction de l’unité dans laquelle ils sont affectés.
Si, après la fin de la Guerre Froide, plusieurs pays européens, dont la France, ont misé sur la professionnalisation de leurs forces armées, le Danemark a mis en place un nouveau modèle de service militaire dont la philosophie n’est pas sans rappeler ce que préconisait le général de Gaulle dans son essai « Vers l’armée de métier ». Celui-ci s’était dit en faveur de la création d’une armée professionnelle sans pour autant renoncer à la conscription.
Ainsi, leur format ayant été réduit, les forces armées danoises n’ont pas besoin d’enrôler toute une classe d’âge sous les drapeaux. Actuellement, elles comptent environ 4700 appelés, ce qui suffisant pour satisfaire leurs besoins en termes d’effectifs. En 2014, 99,1 % étaient des conscrits volontaires, les 0,9 % restants ayant été tirés au sort. Pour le moment, les jeunes femmes n’ont pas d’obligation en la matière [elles sont dispensées de se présenter au « Forvarets Dag », c’est à dire au « Jour de la Défense »]. Toutefois, elles peuvent accomplir une période militaire sur la base du volontariat.
Mais ces règles vont changer. En effet, suivant l’exemple déjà donné par la Norvège et la Suède, le gouvernement danois a fait part de son intention de rendre le service militaire obligatoire pour les jeunes femmes. En outre, le temps passé sous les drapeaux passera à onze mois pour tous les conscrits, les cinq premiers mois étant dédiés exclusivement à la formation militaire de base. Le nombre d’appelés passera de 4700 à 5000.
« Un plus grand nombre de militaires est essentiel pour permettre aux forces armées de déployer des unités opérationnelles. Compte tenu de la situation sécuritaire actuelle, il est nécessaire de réformer le modèle de conscription danois, afin que les conscrits puissent soutenir davantage la défense danoise », a fait valoir Troels Lund Poulsen, le ministre danois de la Défense. En outre, a-t-il ajouté, « une conscription plus longue renforcera les compétences des conscrits ».
Dans le même temps, et c’est ce qui explique en partie les décisions sur la conscription, le gouvernement danois a annoncé une nouvelle hausse des dépenses militaires, celles-ci devant bénéficier d’un coup de pouce de 5 milliards d’euros entre 2024 et 2028.
« Le budget total de la défense, aide à l’Ukraine incluse, correspondra cette année et en 2025 à 2,4 % du PIB danois », a souligné Mette Frederiksen, la cheffe du gouvernement. « Si nous voulons atteindre l’objectif de l’Otan, à savoir être en mesure de déployer une brigade de 6000 soldats dans les plus brefs délais et de défendre le Danemark contre les attaques aériennes, nous devons nous moderniser encore plus rapidement », a-t-elle ajouté.
De son côté, le ministère danois de la Défense a précisé que cet effort financier permettra de développer la « 1ère brigade de l’armée » afin qu’elle « puisse être déployée dans son intégralité dans le cadre de l’Otan ». Et de préciser que cela « comprend des investissements dans des chars et des véhicules de combat d’infanterie ». Il est aussi question d’acquérir des systèmes de défense aérienne et de renforcer les capacités de guerre anti-sous-marine.





