Royaume-Uni : Dans les maisons anglaises, la grande revanche des « radwives » a commencé

Royaume-Uni : Dans les maisons anglaises, la grande revanche des « radwives » a commencé

Ces dernières années, les réseaux sociaux ont accouché d’un personnage pour le peu effrayant : la tradwife. Abréviation de “traditional wife” (“épouse traditionnelle”), la tradwife reprend – et s’en réjouit – les codes de la vie domestique des années 1950 : elle cuisine des tartelettes maison, enfile des robes rétro comme si elle jouait dans un épisode de Mad Men et attend patiemment le retour de son mari le soir (qu’elle accueille avec le sourire, et dans un logement parfaitement rangé et propre).

Le sacre des mamans normales

Conservatrice, cette figure séduit autant qu’elle interroge, en glorifiant un modèle de maternité à l’ancienne. Bonne nouvelle, donc, pour celles et ceux que la chose inquiéterait : en Angleterre, une autre génération de mères défend un profil différent, celui de la radwife. Rad, comme radicale – mais aussi comme radicalement normale, détaille The Guardian, qui consacre au phénomène un article cette semaine.

La radwife ne fait pas ses propres confitures et oublie souvent la crème solaire. Elle n’a pas renoncé au travail – au contraire, elle court après les réunions. Elle n’hésite pas à servir des coquillettes à ses rejetons trois soirs de suite. Et préfère rater sa quiche maison que simuler l’extase domestique.

La radwife incarne ce que le psychologue britannique Donald Winnicott appelait déjà dans les années 1950 “la mère suffisamment bonne” : imparfaite, mais attentive, humaine et donc pleine de défauts. Elle s’autorise le doute, les contradictions et les plats Picard.

Surmenage et legging

Pas besoin d’être mariée, d’ailleurs, pour être une radwife. Celle-ci est parfois mère solo, a souvent eu ses enfants sur le tard. Quand elle vit en couple, elle partage les charges parentales avec un “rad dad”, et a troqué ses robes étriquées pour un legging confortable. Elle possède toujours des paires de chaussures à talons – vestige d’une autre vie qu’elle ne porte la plupart du temps plus qu’entre sa chambre et son salon. Mais elle leur préfère de loin ses baskets, plus pratiques.

La radwife, ajoute The Guardian, souffre régulièrement d’un agenda trop rempli, qui lui impose de changer de casquette à toute vitesse. “La plupart des mères que je connais ”, écrit la journaliste Morwenna Ferrier, ”souffrent de ce que j’appelle le ‘surmenage par bascule’ : une forme d’épuisement née du fait de devoir passer sans cesse d’un rôle à l’autre (partenaire, travailleuse, mère)”. Le mouvement radwife porte donc en lui une dimension profondément politique. Dans une société qui glorifie la performance, revendiquer le droit d’être “suffisamment bonne” est déjà une forme de résistance. À l’illusion d’une parentalité parfaite et celle des filtres Instagram.

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